L'audit servant d'état des lieux pour l'élaboration du PADDUC est un diagnostic orienté, en amont des choix politiques de développement que devront faire les élus territoriaux.
La grande misère intellectuelle qui siège à l’Assemblée de Corse montre que les instances locales, pourtant munies de compétences de décision, se cantonnent dans un suivisme de directives étatiques.
Ainsi, il est intéressant de constater qu’un petit bureau d’étude parisien se permet de dresser des pistes voire des recommandations quant au développement économique social et culturel de notre pays. De telles directives seront scrupuleusement reconduites par un exécutif docile et malléable qui se chargera de les faire passer pour siennes.
En effet ce plan :
1/ annonce la "bonne santé" de l’économie corse, créatrice d’emplois en interprétant des chiffres qui n’ont jamais été validés.
2/ entérine par son analyse du territoire corse la division en 2 zones : l’une littorale et l’autre intérieure.
Par des calculs globalisés ou des extrapolations, l'étude prétend que l'intérieur est assuré, voir sauvé dans son développement et qu'il faut donc mettre l’accent sur un développement de la zone littorale .
La Corse n’est pas l’Islande !
3/ prétend que globalement l'agriculture est confortée au prétexte d’une augmentation des emplois dans l'agroalimentaire, alors que les exploitations agricoles disparaissent de notre territoire (4000 entités en 2000, moins de 2000 en 2004). Les choix de développement sont donc dictés par la politique du tout-tourisme : création de golfs, de voies de circulation spécifiques qui écartent volontairement l’intérieur, le refus de conforter l’hydro-électricité (car contradictoire avec les sports de loisirs…), l’urbanisation de pans entiers du littoral et parfois de la montagne (après avoir adapté les lois "littoral" et "montagne" dans un sens moins contraignant), la création de lotissements résidentiels avec leur cortège de fractures sociales et culturelles.
Ceci aura pour conséquences de refouler les derniers acteurs du monde rural dans les endroits les plus reculés de l’île, ou tout simplement de les faire disparaître. On relèguera les agriculteurs dans un rôle de jardiniers de résidences secondaires…
4/ propose pour le développement de la Corse : l'installation des seniors en particulier à hauts revenus, venus de l’Europe entière ("seniorisation"). ( Après les Saigneurs de Marbeuf, les Seigneurs inféodés, voici le temps des Séniors).
Il est reconnu qu’en dix ans, 30 000 Corses ont dû s’exiler et 40 000 personnes sont venus s’implanter sur notre île…L’objectif annoncé est de poursuivre activement cette politique de substitution.
Ces flux migratoires semblent être la base de la politique démographique et administrative de la France pour la Corse.
Tout ceci s’inscrit donc dans le droit fil de la colonisation de peuplement.
5/ dénigre totalement notre culture, en proposant simplement la création de bibliothèques…
Les équipements structurants envisagés seront à chaque fois dictés par cette logique d’écrasement de notre peuple et de notre culture.
La planification d'une spoliation de notre terre, relayée par les élus locaux et autres lobbies, dans le cadre de cartes communales ou autres PLU servira à urbaniser nos côtes au prétexte d’une situation tendancielle.
C'est le contraire du développement durable.
Cette politique n’aura pour but que de retirer de notre patrimoine le bien essentiel nécessaire à toute économie, à toute société : notre terre."Strada diritta"