La placette de l'église de Biguglia, face à la mer et à l'étang, entourée de dizaines de “bandere” en berne se remplit de monde dès le début de l'après-midi. Des centaines de personnes sont venues assister à la messe d'obsèques pour Pierre !
Les membres de l'associu “i naziunali” défilent au son des tambours jusqu'à la porte de l'Eglise, ils forment une haie d'honneur et placent deux drapeaux historiques de la Corse de chaque coté de l'entrée.
Vers 14 heures 30, l'église résone du son poignant d'une cornemuse des "naziunali" et le cerceuil de Pierre est recouvert d'une immense bandera. La messe, dite par l'Abbé Mondoloni et le prêtre de la paroisse, est chantée magnifiquement par des membres du groupe l'Attrachju, ainsi que d'autres chanteurs.
A la sortie de la messe, sur le parvis, un commando de 6 personnes cagoulées tire des salves d'honneur embrasse le cercueuil et se retire à travers la foule.
Puis Paul félix Benedetti rend hommage à Pierre Sinoncelli dans une allocution en langue corse. Parla di u patriottu corsu, di l'amicu, di l'omu d'onore è di sulidarità, di u travagliatoru, di l'artistu dinù quellu era Petru. Sempre in daventi, quantellu viaghjava lampava sempre a so spala in daventu. S'ellu era a diritta, un c'era bisognu di guardà à dritta, s'ellu era à manca, un c'era bisognu di guardà à manca,..è s'ellu era davantu, un aviamau paura di nunda...Omi cusi, ha dettu, ci n'hè tutte e 30 o 40 anni...Avemu u so esempiu per cuntinuà.
Le père de Pierre remercie tous ses amis et rappelle comme son fils aimait la Corse.
Jean Philippe Antoloni qui a participé avec Pierre à la création des “naziunali l'année dernière, salue aussi sa mémoire et sa valeur.
Ses amis, en se relayant, descendent sa dépouille jusqu'à la sortie du village, suivie de montagnes de fleurs et de drapeaux. Le convoi déposera des fleurs à son ancien pressing à Biguglia puis en ville rue césar Campinchi sous le buste de Pasquale Paoli et de sa plaque. La pose de cette plaque trilingue nous la devons largement à son initiative et à son travail obstiné.
Vers 16 heures 30, le convoi arrive jusqu'au port, car Pierre avait voulu être incinéré, il nous quitte par la mer et ses cendres reviendront. La cale du "Pasquale Paoli" vibre du son des tambours des "Naziunali" et du cornu. On chante le Diù. Le Drapeau corse flotte à l'avant du "Pasquale Paoli" et à la demande de marins, militants du Rinnovu, les sirènes du bateau signalent son départ...
SEMPRE A FIANCA A NOI O PE !